Du 11 au 19 janvier 2012 - Centre Marcet - Bouguenais
Dans les musiques traditionnelles, populaires, du monde - appelons-les comme bon nous semble, qu'importe le flacon pourvu... – un fort vent de Nord-Ouest souffle depuis quelques années, le vent de la création, de l'inventivité. Au-delà de l'origine des artistes, qu'ils soient « nés natifs » ou « Français venus d'ailleurs ». Au-delà de l'origine des codes et langages musicaux qu'ils utilisent : de Bretagne, du Poitou, d'Afrique ou d'Orient. L'essentiel se situe ailleurs : c'est l'acte même de créer une musique qui fait sens ici et maintenant, une musique qui parle à tout le monde, une musique qui nous emmène toujours plus loin. « Sabufaneu #1 »* se propose de témoigner de ce nouveau souffle.
* en parler local de Loire-Atlantique, dit « gallo », « ça buff' aneu » signifie « ça souffle aujourd'hui ».
Plein tarif 15€ - Tarif réduit 13€ - Tarif abonné 11€ - Tarif très réduit 9€
Pass Sabufaneu : à partir de 2 concerts du festival : 10€ par concert
Mercredi 11 janvier 2012 à 20h30
Gaëlle Branthomme & Charles Quimbert
Duo chant violoncelle - Création en résidence au Nouveau Pavillon
Ne dit-on pas que le son du violoncelle se rapproche de celui de la voix humaine ? Avec J'entends la seraine le duo Branthomme-Quimbert nous en apporte la preuve, en beauté. Jeux de timbres qui se mêlent, harmoniques fusionnées comme de l'or, voix qui se cherchent et disparaissent l'une dans l'autre... À partir d'un répertoire populaire local et francophone (haute Bretagne) fait de complaintes à l'imaginaire puissant, de chants à marcher et à quêter, de danses et de briolages (vocalises pour mener les bœufs au labour), Gaëlle Branthomme et Charles Quimbert jouent la prise de risque et la liberté d'interprétation. Et s'entourent pour l'occasion d'artistes éclairés : l'écriture poétique de Mélaine Favennec, la mise en espace de la cie Pied en Sol et la mise en son d'Olivier Renet. Sans oublier l'oreille complice de Jean-Luc Thomas. Finira-t-on par entendre les sirènes ?
Aïcha Lebgaâ L'égérie nantaise de la musique gnawa
Elle est algérienne et française. Elle vit en région nantaise. Elle nous vient de Timimoun, l’oasis rouge du Gourara, aux confins du Sahara. Fille d'un poète-musicien dont elle réinterprète les textes et d'une chanteuse qui dirige des orchestres féminins, Aïcha Lebgaâ a été fortement influencée par le répertoire et le style d'Oum Keltoum. Son ancrage artistique traditionnel est l'Ahellil, genre poétique, chorégraphique et musical emblématique des Berbères Zénètes du Gourara, exécuté lors de fêtes religieuses, des mariages et des foires, à l'aide de flûtes et percussions. Arrivée en France en 1993, elle s'est ouverte au gnaoui au sein du Gaâda Diwane de Bechar et a mêlé sa musique à celle de Christine Ammour ou du « Jeu à la Nantaise. Découvrez Aïcha Lebgaâ, chanteuse nantaise et princesse du désert.
Miguel Muňoz & Laurent Jaulin Flamenco des bords de Loire
Attention, il est temps de découvrir l'un des plus grands chanteurs nantais : Miguel Muňoz ! Gitan d'origine andalouse, il baigne dans la culture flamenca depuis sa plus tendre enfance. Après des débuts dans la rumba catalane aux côtés de son oncle Joaquin Muñoz, il se spécialise dans le cante jondo (chant profond), qui désigne le répertoire le plus ancien du flamenco, une culture héritée des gitans d’Espagne, caractérisée par une interprétation dramatique très expressive. Ses sources sont essentiellement gitanes et le chanteur Camaron de la Isla reste pour lui la référence majeure. Il est accompagné pour nous de l'excellent Laurent Jaulin à la guitare. Ensemble ils font naître sous nos yeux une danse invisible.
Vendredi 13 janvier 2012 à 20h30
Double plateau
Soirée en deux parties
Stevan Vincendeau & Thomas Felder Duo de nacre et de crin
L'on avait pu découvrir Stevan Vincendeau (accordéon diatonique) et Thomas Felder (violon) en avril 2010 au TNT de Nantes lors de la saison nomade du Nouveau Pavillon. Depuis, grâce au soutien de « Musique et Danse en Loire-Atlantique », ils ont pu travailler plusieurs semaines « en compagnonnage » avec le trompettiste breton nomade Gaby Kerdoncuff. Ils reviennent nous présenter leur premier album. La marque de fabrique Vincendeau-Felder n'a pas changé : une virtuosité, une fougue, une énergie, une envie, une complicité, une capacité d'improvisation jamais démenties, mais toujours au service d'un propos musical, d'une histoire qui se raconte. On écrivait il y a trois ans « ce duo de nacre et de crin constitue sans doute l'une des jeunes formations les plus prometteuses des musiques traditionnelles d'aujourd'hui ». Le doute est désormais levé.
Rozenn Talec & Lina Bellard Voix et harpes de Bretagne
Quand deux jeunes talents proposent une musique originale et pleine de vie, le Nouveau Pavillon leur fait une place de choix. Rozenn Talec et Lina Bellard reprennent les gwerziou, ces grandes complaintes de la tradition populaire de Basse-Bretagne, dans lesquelles Rozenn Talec a toujours baigné. Enrichie des enseignements d'Érik Marchand ou de Marthe Vassallo, elle développe de belles qualités vocales au service d'un style très expressif et sensible. Une chanteuse est en train de naître. À ses côtés, Lina Bellard, que l'on entend dans l'Immrama de Roland Becker, égrène un jeu de harpe très singulier, personnel et virtuose, emprunt d'influences indienne, africaine ou orientale. On croirait parfois entendre un luth du Moyen-Orient, une kora mandingue ou un qanun iranien. Duo de cordes inspiré.
C'est l'histoire d'une musique française d'aujourd'hui. Il était une fois un chanteur d'origine palestinienne vivant à Angers, joueur de clarinette et de nay, formé aux musiques du Moyen-Orient. Sur son chemin fait la rencontre d'un chanteur d'origine algérienne de Poitiers, joueur de kamancha et de oud, spécialiste de la musique arabo-andalouse. Un peu plus loin à la Rochelle, ils font la connaissance d'un chanteur né en Turquie, joueur de baghlama et de dohol. Enfin de retour en Anjou, tous trois croisent une musicienne angevine, spécialiste des percussions orientales. Ensemble ils fondent un quartet en hommage à Ziryab, fondateur au IXe siècle de la musique arabo-andalouse, voyageur toujours en quête de rencontres. Aux confins des répertoires populaires et savants, les quatre du Ziryab rebattent les cartes pour composer une nouvelle musique, fine et élégante, la leur.
Blue & black zebra - Création en résidence au Nouveau Pavillon
Depuis 20 ans Erwan Hamon et Janick Martin se sont construits une identité musicale singulière, à la fois élégante et virtuose, subtile et sauvage, métisse et terrienne. À travers cette nouvelle création prend forme le désir d'inventer un univers plongeant ses racines dans la mémoire du duo, de ses rencontres, des scènes partagées. Des mots et des notes pour raconter, émouvoir, chambouler, se faufiler dans les images et les rêves du passé, tirer le fil du temps pour inventer de nouveaux souvenirs. À leurs côtés, Gilles Chabenat à la vielle électro – qui a fait tourner sa manivelle sur la voix de Gabriel Yacoub, I Muvrini ou encore Stefan Eicher - et Julien Stévenin à la contrebasse concrétisent l'image d'un Blue & black zebra, serein, harmonieux et voyageur. Le duo Hamon-Martin a décidé de se réinventer et c'est une excellente nouvelle !
Erwan Hamon : flûte traversière en bois, bombarde, voix / Janick Martin : accordéon / diatonique, voix / Gilles Chabenat : vielle à roue électroacoustique / Julien Stévenin : contrebasse
À écouter :Sous le tilleul, An Naer Produksion, 2009
Spectacle produit par Esta-Fête, en coproduction avec le Théâtre de Cornouaille (Scène Nationale de Quimper), le Canal - Théâtre du Pays de Redon, le Centre culturel Pôle Sud et le Dôme de Saint-Avé, avec le soutien du Nouveau Pavillon, du Manège à Lorient et de l'UPCP-Métive à Parthenay.